J’ai choisi d’allaiter

Par Babyplanet

Votre premier geste d’amour pour votre bébé sera de le nourrir. Allaiter fait de nouveau partie de la vie moderne et de nos jours, beaucoup de mères sont conscientes qu’en allaitant elles donnent à leur bébé la meilleure nourriture qui soit.

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L’allaitement est un des premiers grands moments d’intimité : vous prenez votre bébé dans les bras, lui parlez, lui souriez, le caressez, le protégez, lui procurez chaleur et sécurité.

 

Petites infos techniques

Le lait maternel est composé de 88% d’eau, de protéines, de graisses, de sucres, de sels, de minéraux, de fer et de vitamines. Il est l’aliment par excellence adapté au nourrisson car il est :

- toujours disponible ;

- à la bonne température ;

- dans la bonne composition ;

- parfaitement adapté à la croissance physique et cérébrale de l’enfant jusqu’à six mois de vie et tous les besoins alimentaires sont comblés. Les deux exceptions sont les vitamines K et D ;

- il renforce votre lien affectif ;

- il joue un rôle important dans la prévention des infections (diarrhées, otites, etc.) et contre les complications allergiques (asthmes, eczéma, etc.).

 

L’allaitement maternel est une expérience qui reste inégalable !

 

Dès la naissance, et pendant les toutes premières heures, la plupart des bébés sont capables de téter vigoureusement.

Si votre enfant est prématuré, malade ou handicapé, vous pouvez l’allaiter. Si votre bébé est trop faible pour téter, tirez alors votre lait dans les premières 24 heures pour stimuler la lactation.

Mettez-le très rapidement en contact avec votre sein et patiemment, attendez qu’il ait envie de téter. Laissez-lui le temps de chercher, d’apprendre, de découvrir.

 

Lors de ces premières tétées, il se peut que vous éprouviez des sensations désagréables : contractions utérines, pincements au niveau des mamelons. C’est un état tout à fait normal : les hormones de lactation favorisent la remise en place de l’utérus, raison des contractions utérines, et réduisent les risques d’hémorragies après la naissance. Votre bébé vous fera connaître ses besoins et sera ainsi allaité à sa demande. La production de lait se trouve ainsi stimulée. Et plus vous stimulerez vos seins, mieux la lactation se mettra en marche, et mieux votre enfant prendra gentiment un rythme régulier.

 

Du colostrum au premier lait mature

Le premier lait du bébé, le colostrum, est très riche en protéines, en sels minéraux et en éléments de défense, ce qui permet de protéger d’emblée votre enfant contre des infections. Vu son action laxative, le colostrum facilite également l’évacuation du méconium (premières matières fécales).

 

C’est pourquoi le personnel en maternité encourage les mamans à allaiter au moins pendant cette période. Vers le 3e-4e jour, le colostrum fait place au lait de transition, on parle alors de montée de lait. Les seins peuvent être très douloureux et la montée peut créer une tension énorme. Ces premiers jours sont parfois les plus délicats en raison des questions ou soucis liés à la montée du lait et à la pratique de l’allaitement. Laissez-vous conseiller par une sage-femme ou conseillère en lactation.

 

Si vos seins sont très tendus et que votre bébé a de la peine à saisir le mamelon au niveau de l’aréole, massez- les doucement afin d’exprimer un peu de lait jusqu’à ce que la partie que le bébé doit saisir devienne molle.

 

Mode d’emploi pour un allaitement réussi

La mise au sein précoce est un atout précieux car elle favorise la montée de lait et provoque immédiatement le réflexe de succion de votre petit. Ce moment reste néanmoins délicat. Pourquoi ? Il arrive tout simplement que vous ou votre bébé soyez épuisés par l’accouchement. Ne cédez pas au découragement et ne tirez aucune conclusion si cette première mise au sein est difficile. Ce n’est que la première étape d’une relation qui demande du temps, de la patience, beaucoup d’amour et beaucoup de confiance en vous et en votre bébé. Suivez le propre rythme de votre petit. Petit à petit un équilibre va s’établir entre votre production et sa consommation. Votre bébé espacera les tétées à son rythme et d’après ses besoins. Les premiers jours, votre bébé voudra être allaité entre 8 et 12 fois en 24 heures. Profitez des moments où il dort pour également vous reposer.

 

Pendant la nuit, allaitez à la lumière tamisée. Votre bébé apprendra ainsi à distinguer le jour et la nuit.

 

Très important : Choisissez une position confortable pour ne pas vous fatiguer et ne pas avoir mal au dos. Protégez ce moment d’intimité. Consacrez-vous uniquement à ce tête-à-tête.

 

Effleurez sa joue avec le mamelon. Sa tête se tournera alors en direction du contact. Dirigez votre mamelon vers sa bouche. Cela déclenchera le réflexe d’ouverture de sa bouche. Assurez-vous que ses lèvres soient retroussées et que votre mamelon et une partie de l’aréole se retrouvent au centre de sa bouche. Une succion efficace est agréable et ne fait pas mal.

 

Si la succion vous fait mal, brisez délicatement le vide d’air avec un doigt et remettez votre bébé au sein.

 

Alternez les seins d’une tétée à l’autre et même au cours de la même tétée (mais seulement après 10 ou 15 minutes). Cela entretient la lactation et évite les risques d’engorgements et d’irritations.

 

Vous ne devriez laver vos seins qu’avec de l’eau ; votre bébé est plus rassuré par votre odeur naturelle. Si vous utilisez des compresses d’allaitement, changez- les régulièrement.

 

Ai-je assez de lait ?

 Toutes les femmes ont du lait. C’est un phénomène physiologique qui se produit automatiquement à la suite de la grossesse et de l’accouchement.

 

L’allaitement à la demande

Laissez votre bébé téter quand il en a envie, de jour comme de nuit, en suivant son rythme. Au début, les tétées s’espacent en moyenne toutes les deux heures. S’il dort à poings fermés et manque le rendez-vous, surtout ne le réveillez pas. Il se rattrapera à la tétée suivante.

 

Votre régime alimentaire

Nourrissez-vous convenablement et mangez de tout. Il faut surtout beaucoup boire : idéalement, on vous recommande de boire 2,5 l d’eau de qualité par jour. Ajoutez des jus de fruits pour la vitamine C, des tisanes, entre autres de fenouil qui favorisent la lactation, du lait.

 

Mangez des aliments contenant des protéines (oeuf, poisson, viande), des légumes pour leurs sels minéraux, des laitages et du fromage pour alimenter le bébé en calcium. Il en a grand besoin pour sa croissance.

 

Tout comme pendant la grossesse, ne mangez pas pour deux, sans pour autant tomber dans l’effet inverse en entamant un régime pour éliminer vos kilos superflus. Reportez votre régime à plus tard. Vous perdrez vos kilos en trop dans les mêmes délais qu’une femme qui n’allaite pas, sinon plus rapidement, car l’allaitement « pompe » beaucoup de calories à la mère.

 

Renoncez dans la mesure du possible à fumer (la nicotine a un effet nuisible sur l’hormone de production de lait), et à boire de l’alcool (il passe dans le lait maternel et change le goût), du café, du thé noir ou du coca (à haute dose, certains bébés réagissent par une surexcitation et une longue durée de veille).

 

Comment savoir s’il boit bien et suffisamment ?

Un enfant en bonne santé qui tète bien et qui dort bien sait parfaitement la quantité de lait dont il a besoin. Ne vous inquiétez pas et évitez de garder l’oeil rivé sur la balance. Observez simplement de manière régulière la courbe de poids établie par votre médecin. Cinq ou six couches mouillées par jour signifient que son apport en liquide est suffisant.

 

Bien entendu, les besoins d’un « gros » bébé sont différents de ceux d’un petit. La nature fait bien les choses et votre production de lait se calque merveilleusement bien sur la consommation de votre enfant.

 

Votre allaitement dépend de votre moral

L’environnement psychologique joue un rôle très important lorsque vous allaitez.

Si vous êtes inquiète, stressée, fatiguée, votre production de lait peut être compromise. Vous souhaitez tellement bien faire et votre petit pleure quand même. Il se peut alors que vous vous sentiez coupable de ne pas pouvoir l’apaiser et vous vous accusez de mal le nourrir. Devant ces difficultés, une seule solution, pouvoir en parler. Consultez le centre de puériculture le plus proche, votre pédiatre, votre sage-femme ou une consultante en lactation, qui pourront vous soutenir dans cette période difficile.

 

Panique, plus assez de lait ou au contraire trop de lait !

 Le stress, l’anxiété, la fatigue, les tensions, le manque de fer, la fumée, l’alcool peuvent compromettre l’allaitement… buvez beaucoup, détendez-vous, reposezvous et présentez plus souvent le sein.

 

Si par contre vous avez trop de lait, ne le tirez pas. Ce n’est pas la solution car cela stimulerait encore davantage la lactation. Ce problème disparaît après les premières semaines d’allaitement. Encouragez votre enfant à boire. Le plus souvent il commencera volontiers à téter ; il boira la quantité dont il a besoin.

 

Si votre bébé a eu assez de lait avec un sein, exprimez un peu de lait du second sein pour qu’il ne soit plus aussi tendu.

 

La fatigue de l’allaitement

Les premières semaines avec un tout-petit sont loin d’être de tout repos : nuits courtes, inquiétudes, vie nouvelle à trois ou plus…

 

Il est indispensable que vous vous aménagiez des temps de repos. C’est en effet pendant la sieste que votre corps produit plus de prolactine.

 

Siestez en même temps que votre petit et limitez au minimum les tâches à remplir. Déléguez au jeune père dynamique ou aux jeunes grands-parents, si c’est possible. Devenez philosophe quant à l’ordre qui peut régner à la maison. On ne peut pas être performante sur tous les tableaux !

 

Un bébé prématuré, une longue séparation… le tire-lait peut vous aider

 

Même si cet appareil vendu ou loué en pharmacies suscite quelques appréhensions, il est très pratique et indiqué dans plusieurs cas :

- lorsque l’enfant est prématuré et donc trop faible pour téter. Grâce à ce procédé, il boira dans un biberon le lait maternel plus précieux encore dans son état de grande vulnérabilité ;

- en cas de problèmes qui empêchent momentanément l’allaitement : crevasses, maladies chez vous ou chez votre petit qui nécessite une hospitalisation ;

- si vous désirez vous absenter le temps d’une tétée. Vous pouvez ainsi préparer un biberon de votre lait et le conserver au frigo (maximum 24heures).

 

L’allaitement, est-ce douloureux ?

C’est très subjectif, mais il faut savoir que les premiers jours, le mamelon, qui est une zone hypersensible, peut être douloureux.

 

De plus, allaiter active les contractions utérines qui permettent à l’utérus de se rétracter pour retrouver son volume initial. Après ces quelques petits désagréments passagers, allaiter devient un vrai plaisir pour vous et votre bébé.

 

Durée de l’allaitement et sevrage

Idéalement, nous vous encourageons à allaiter votre bébé exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois, et ensuite à combiner l’allaitement avec de l’alimentation adaptée à son âge. Dans la réalité, ce n’est pas toujours possible, à cause de la reprise d’un travail par exemple.

 

Si vous désirez sevrer votre bébé, cessez progressivement d’allaiter votre bébé en lui proposant éventuellement un biberon en remplacement.

 

Petits ennuis d’allaitement et remèdes

Les crevasses

C’est comme si vous aviez les lèvres gercées. Des fentes rougeâtres et douloureuses apparaissent sur votre mamelon. La cause la plus fréquente est un mauvais positionnement au sein. Une crevasse est une plaie et donc la porte ouverte aux infections. Il faut donc soigner très rapidement :

- Continuez à allaiter

- contrôlez votre positionnement avec une personne qualifiée

- changez souvent de position et présentez d’abord le sein dont le mamelon est moins douloureux

- dans la mesure du possible, allaitez plus souvent et moins longtemps

- après la tétée, laissez sécher une goutte de lait maternel étendue sur le mamelon et laissez vos seins à l’air le plus longtemps possible

- évitez de mettre du savon, des désinfectants ou des pommades sur les mamelons

- les téterelles (protège-mamelons en silicone) ne sont pas recommandés, ils aggravent souvent la situation.


L’engorgement

Vos seins sont tendus, gonflés, durs et même douloureux. Cela signifie que vous produisez momentanément beaucoup plus de lait que nécessaire. Ce désagrément est fréquent lors de la montée du lait.

- Douchez vos seins à l’eau chaude et massez-les avec des mouvements circulaires

- mettez votre bébé le plus possible au sein, environ toutes les deux heures

- après l’allaitement, appliquez durant environ 20 minutes une compresse froide ou de la glace pour éviter la propagation de l’inflammation

- évitez les habits étroits s’il n’y a pas d’amélioration dans les 24 heures, demandez conseil à une personne qualifiée.

 

Inflammation

Vos seins sont tendus, douloureux, présentent des rougeurs, vous êtes épuisée. Il peut s’agir d’une lymphangite ou d’une mastite. Reposez-vous et continuez d’allaiter.

 

Si vous avez une forte fièvre et des symptômes grippaux, sentez un ganglion au creux de l’aisselle, contactez votre médecin sans tarder. S’il y a une infection, vous n’échapperez pas aux antibiotiques. Continuez d’allaiter, car l’allaitement n’est pas compromis pour autant. En cas d’abcès, un tirelait peut être une solution passagère pour jeter le lait contaminé. Cette solution maintient ainsi le processus de lactation jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre.

 

Le papa et l’allaitement

Certains pères se sentent légèrement en trop. Ils supportent difficilement cette relation si exclusive. Ce partage impossible explique parfois les difficultés que rencontrent certaines mères pour allaiter. Elles se sentent tiraillées entre leur mari et leur bébé. D’autres au contraire s’attendrissent devant ce tableau si naturel.

 

Encouragez les initiatives du jeune père, il ne demande souvent que cela. Aidez-le à dépasser sa timidité tellement naturelle devant ce bébé. Il peut vous aider en répondant au téléphone, en s’occupant des courses, en changeant et baignant le bébé, en jouant avec lui, en allant se promener avec lui.

 

Il faut savoir par ailleurs que les femmes qui allaitent vivent une expérience corporelle qui peut tout à fait les épanouir et enrichir ainsi la vie intime du couple ou parfois également engendrer des tensions. Quoi qu’il arrive, il faut pouvoir en parler à deux si possible ou avec le médecin. En revanche, si vous n’allaitez pas, profitez-en pour déléguez à votre mari ou compagnon quelques biberons dans la journée ou pendant la nuit. Cela vous permettra également de vous reposer, et le jeune papa appréciera certainement de pouvoir vous relayer et partager un moment d’intimité avec son tout petit.

 

Si vous avez besoin d’aide, contactez votre consultante en allaitement, une sage-femme, une infirmière puéricultrice ou votre pédiatre

Créé: 06.8.2012, 15h02
Babyplanet